Eléments d’Orientation

L’anatomie topographique se rapporte ą la disposition des organes dans un espace donné, ce qui implique le recours ą des repŹres d’orientation. Considérons l’humérus, le squelette du bras, os long en position verticale. Il est reconnaissable ą premiŹre vue ą ses deux extrémités qu’on différencie en supérieure et inférieure quand il est en position verticale. Cette distinction se rapporte habituellement au repŹre représenté par le milieu de la diaphyse. Cependant, quand le membre supérieur est relevé verticalement, l’usage de ces termes ‘supérieur /inférieur‘ peut źtre source de confusion puisque le repŹre a bougé. L’identification des extrémités sera plus précise en les désignant par ‘proximale’ et ‘distale’, par rapport ą l’épaule qui est un repŹre fixe, quelle que soit l’attitude imprimée au bras.

Mais quand le membre est relevé vers le haut, l’identification s’inverse.

Le mźme membre observé de face est délimité par deux bords, externe et interne, termes ą remplacer par latéral et médial par référence ą l’axe de symétrie.

 

Sch. 01

 

 

 

RepŹres & Plans de coupes 

 

d / p : extrémités distale & proximale par rapport ą l’épaule, repŹre fixe.

l / m : côtés latéral (ou externe) & médial (ou interne) du membre supérieur par rapport ą son axe de symétrie ; idem pour le membre inférieur.

ss :  axe médio-sagittal (symétrie droite / gauche).

ss : axe para-sagittal (ou para médian, en dehors de l’axe de symétrie).

h : horizontale entre haut (supérieur ou rostral) & bas (inférieur ou caudal).

 

 

Plans de coupes, selon les trois plans de l’espace

 

cc : en jaune : plan vertical frontal (= coronal)

ss : en bleu :   plan vertical sagittal (= antéro-postérieur)

h  : en rouge : plan horizontal (= transversal)

 

 

Sch. 02

 

 

Sch. 03

 

 

 

 

CritŹres d’orientation du contenu d’une coupe transversale

 du bras droit projetée sur un plan horizontal (aspect inférieur de la tranche)

 

 

-        H : coupe de l’Humérus, considéré comme repŹre central, par rapport auquel sont définis les compartiments du bras.

 

-        AV : paroi antérieure (= ventrale).AR : paroi postérieure (= dorsale)

-        Lat : paroi latérale (= externe).

-        Med : paroi médiale (= interne).

-        1 : loge brachiale antérieure.

-        2 : loge postérieure.

-        3 & 4 : cloisons inter musculaires médiale & latérale.

 

 

 

 

 

 

L’orientation spatiale considŹre l’objet de deux maniŹres :

-       soit de l’extérieur quant on il est décrit de face, de profil ou de dos, par rapport ą l’observateur;

-       soit de l’intérieur en usant de tranches de coupes : transversales (= horizontales), sagittales / para sagittales (= médiane / paramédianes) ou frontales (=coronales). La tranche de section est ensuite meublée de ses composants disposés selon ą un repŹre déterminé, le plus souvent le centre de la coupe, ou les points cardinaux (latéral, médial, antérieur, postérieur)...

 

Le Squelette

 

Le squelette osseux est l’armature autour de laquelle sont disposées les formations musculaires, membraneuses et articulaires. Il doit son apparente rigidité ą sa structure fibro-cellulaire truffée de sels minéraux, principalement des phosphates calciques.

Du point de vue terminologie, on désigne par squelette axial l’ensemble formé par la tźte et le tronc, et par squelette appendiculaire celui des membres. Cette distinction se retrouve dans la structure et le développement des piŹces constitutives. En effet, le squelette axial est fait d’os plus ou moins plats et irréguliers, développés en général ą partir d’ébauches membraneuses ; ceux des membres sont d’aspect tubulure, de longueur variable, et dont l’origine est un moule cartilagineux.

 

- La texture d’un os long, celui du bras par exemple, varie selon le niveau considéré ; son corps (diaphyse) est fait d’os dense compacté autour du canal médullaire, son épaisseur diminue progressivement ą l’approche des extrémités, lesquelles sont de texture spongieuse entourée d’une fine coque relativement rigide.

 

- Le cartilage articulaire est de type hyalin, c’est ą dire transparent ; il tapisse les extrémités articulaires formant une couche d’inégale épaisseur, résistante aux effets de friction, mais sa nature avasculaire en fait un tissu fragile et irrécupérable en cas de traumatisme ou d’inflammation chronique.

 

- Le périoste est un étui recouvrant les diaphyses des os longs et les faces des os plats. Cette membrane résistante est faite d’une couche superficielle fibreuse, et d’une couche profonde richement vascularisée doublée d’un plan de cellules osseuses jeunes, les ostéoblastes, agents de la croissance en épaisseur.

 

- La moelle osseuse et le site formateur des éléments figurés du sang ; elle occupe ą la naissance les canaux médullaires, puis s’étend progressivement dans les espaces spongieux au fur et ą mesure de leur développement.
A partir de la 18Źme année, cette moelle rouge reste confinée au sein du squelette axial, celle du squelette appendiculaire est progressivement remplacée par la moelle moins fertile et chargée de graisse
(moelle jaune).

Certains os longs (la clavicule, les côtes) sont dépourvues de canal médullaire.


 


 

 

- Les os longs constituent l’armature et les leviers des segments des membres. Un exemplaire est représenté ci-contre par l’os du bras, l’humérus. Il est fait d’un long tube ou diaphyse (d) interposé entre deux extrémités pleines ou épiphyses (e) ; la zone de transition avec la diaphyse est la métaphyse (m) ou col.

L’humérus fŌtal est un moule cartilagineux au centre duquel apparaĒt un premier noyau d’ossification (point primaire) qui s’étend progressivement vers les métaphyses. Le processus d’ossification des épiphyses est plus tardif, il se manifeste généralement aprŹs la naissance par un point secondaire dont l’extension vers la périphérie est contemporaine de la puberté.

Les territoires d’ossification dépendant de ces noyaux diaphysaire et épiphysaire restent séparés par une plaque cartilagineuse (cartilage de conjugaison ou de croissance ou ligne épiphysaire) dont l’activité ostéogénique assure l’allongement de l’os. Habituellement, une seule plaque intervient dans le processus de croissance d’un os long, c’est le cas de l’extrémité proximale pour l’humérus et de l’extrémité distale pour le fémur, distinction qu’on résume par l’adage qui rappelle que les épiphyses fertiles se situent loin du coude et prŹs du genou.

 L’ossification commence et se termine plus tôt chez la fille.

 

- Les sites d’insertions des parties molles (muscles, tendons, aponévroses, ligaments) deviennent compactes dŹs la puberté sous l’aspect de reliefs désignés par un riche vocabulaire : apophyse, tubercule, tubérosité (t), épine, crźte, malléole,  trochanter, empreinte, facette…

 

- La vascularisation du tissu osseux provient de plusieurs sources : les rameaux périostés irriguent la couche superficielle du tissu compact ; les artérioles provenant des parties molles contiguĎs se distribuent aux extrémités et ą la métaphyse. Le reste, principalement la moelle osseuse et la couche profonde de l’os compacte sont richement irriguées par l’artŹre nourriciŹre qui pénŹtre la diaphyse par un orifice propre.

Les réseaux vasculaires épiphysaires et diaphysaires ne communiquent pas chez l’enfant, le cartilage de croissance constitue une barriŹre avasculaire jusqu’ą l’approche de la puberté, son envahissement par les capillaires annonce le début de son ossification suivi de ralentissement de la croissance qui prend fin vers la 25Źme année.

 

 

Sch. 04

 

- Les os courts sont d’aspect cuboēde. Ils constituent le squelette du poignet et de l’arriŹre-pied. Quatre de leurs facettes sont encroětées de cartilage articulaire, les surfaces restantes servent de points d’insertion aux tendons et ligaments, et de porte d’entrée vasculaire. Ils s’ossifient pour la plupart aprŹs la naissance.

Les os plats sont faits d’une couche d’os spongieux truffée de moelle (diploé) interposée entre deux plaques d’os compact appelées tables. Les piŹces osseuses de la voěte crČnienne ainsi que l’omoplate et le sternum font partie de cette catégorie.

- Les os irréguliers forment un groupe disparate auquel appartiennent certains os de la base du crČne, de la face, les vertŹbres, le squelette du bassin.

 

- Les sésamoēdes  sont de minuscules osselets, certains de la taille d’une lentille, la plus volumineuse étant la rotule. Ils sont pour la plupart encastrés dans l’épaisseur des tendons.

 

Squelette du Membre supérieur

 


Il est formé de piŹces constituant l’ossature d’une succession de segments représentés par : l’épaule, le bras, l’avant-bras, le poignet et la main ; ce sont respectivement : le couple clavicule/omoplate, l’humérus, l’autre couple radius/cubitus et le complexe carpe-métacarpe-phalanges. L’ensemble forme un appendice articulé en plusieurs points et ‘accroché’ au tronc par la ceinture scapulaire.

La morphologie et la disposition de ce squelette remplissent les conditions nécessaires ą l’accomplissement de la principale fonction du membre supérieur : la préhension. On remarque en effet que les piŹces intervenant dans l’exécution de mouvements délicats sont multipliées, en position distale et de taille de plus en plus réduite ; elles sont dans le prolongement de piŹces en nombre trŹs réduit et plus massives servant de puissants leviers aux mouvements de force.

 

Sch. 05 : Membre supérieur en position horizontale

 

Par souci de clarté, seront abordés en premier les os longs (humérus, cubitus, radius, métacarpe & phalanges) laissant en dernier les piŹces irréguliŹres, celles de la racine du membre et du poignet.

 

 

L’Humérus est le squelette du bras, interposé entre l’omoplate (articulation scapulo-humérale) et les os de l’avant-bras (articulation du coude).

 

 

 

 

Extrémité proximale

 

 

 Aspect antérieur                                     Aspect postérieur

 

Sch. 06:

- a :  bord antérieur

- c :  col anatomique

- c’ : col chirurgical

- f :  facettes d’insertions musculaires

- h :  tźte humérale

- l :   bord latéral

- m : bord médial

- s :   sillon inter tuberositaire

- t :   grosse tubérosité

- t’ :  petite tubérosité

 

Sch. 07:     Aspects : de face (A)  /  de dos (B) /  de profil latéral (C)
g :  gouttiŹre radiale de torsion  au fond de laquelle chemine le nerf radial (nr)

 v : rugosité d’insertion du muscle deltoēde

 

 

 

 

Extrémité distale

 

       

: Aspect antérieur                                  Aspect postérieur                          

  

Sch. 08 

   - c’’ : condyle huméral

   - cl :  épicondyle (= épicondyle latéral)

   - cm : épitrochlée (= épicondyle médial)

   - fc :  fossette coronoēdienne

   - fo : fossette olécranienne

   - nc : nerf cubital passant derriŹre l’épitrochlée

   - t’’ : trochlée dont la joue médiale descend plus bas.

 

 

 

La diaphyse est légŹrement tordue sur son axe. Son aspect, nettement cylindrique en haut, devient progressivement prismatique, ą trois faces et trois bords :

-       la face antéro-latérale est hérissée ą sa partie moyenne d’une crźte rugueuse dessinant avec le bord antérieur une crźte en V (deltoēdien);

-       le trou nourricier s’ouvre sur la face antéro-médiale;

-       la face postérieure (B) est subdivisée en deux champs par une discrŹte gouttiŹre (g), reflet de la torsion humérale ;

-       les bords latéral et médial sont bien marqués au voisinage de l’extrémité distale.

 

L’extrémité proximale est globuleuse, elle comporte une partie articulaire, la tźte humérale, et deux tubérosités que sépare une gouttiŹre antérieure.

-       La tźte humérale représente le tiers d’une sphŹre pleine orientée en dedans, en haut et en arriŹre ; son axe fait avec la diaphyse un angle de 130° ; la

limite de son revźtement cartilagineux est le col anatomique qui la sépare des deux tubérosités.

-       La grosse tubérosité (c) est latérale, elle est dans le prolongement de la diaphyse ; son volume est sculpté de trois facettes d’insertion musculaire. La petite tubérosité est antérieure, elle est séparée de la précédente par la gouttiŹre bicipitale (sillon inter tuberculaire).

-       Le col chirurgical (b’) correspond ą la métaphyse proximale, il est situé au-dessous des tubérosités, il frôle en dedans le col anatomique.

 

Trois points d’ossification contribuent au développement de cette extrémité, un pour la tźte et deux tubérositaires, ils se soudent relativement tôt.

Le cartilage de conjugaison se situe chez le jeune au niveau du col anatomique ; trŹs fertile, il reste actif jusque vers l’Čge de 25 ans.

 

 

TestL’extrémité distale entre dans la constitution du coude ;  elle est tassée d’avant en arriŹre, telle une palette légŹrement incurvée vers l’avant. Son grand axe transversal s’inscrit dans le mźme plan que celui de la tźte humérale.

* La composante articulaire est irréguliŹre, faite de deux masses articulées avec le squelette de l’avant-bras :

- la masse latérale est le condyle huméral, segment de sphŹre bien développé vers l’avant, il s’articule avec la tźte du radius ;

- la masse médiale, plus large, est la trochlée, c’est ą dire une sorte de poulie remarquable par l’enroulement de sa gorge en spirale, et par la

  dénivellation plus marquée de sa joue médiale.

- La zone conoēde relie les deux masses.

     * La part non articulaire de cette extrémité est faite de saillies et de creux. La trochlée est surmontée sur les deux faces par les fossettes olécranienne en

   arriŹre et coronoēde en avant, leur adossement fragilise la palette.       

Les tubérosités prolongent des bords latéraux, elles sont palpables de chaque côté du coude, ce sont l’épicondyle (= épicondyle latéral) et l’épitrochlée

(= épicondyle médial), l’importante saillie de cette derniŹre protŹge le nerf cubital qui descend derriŹre elle.

 

L’extrémité distale se développe par quatre points d’ossification, ceux ą l’origine des masses articulaires et de l’épitrochlée fusionnent en une piŹce unique qui reste séparée de la diaphyse jusqu’ą l’adolescence par un cartilage de conjugaison peu fertile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sch. 09:

 

1 : Coupe transversale de la diaphyse humérale,

2 : tźte humérale observée d’en haut,

3 : palette humérale observée d’en bas.

 

 

- a : tźte humérale (vue d’en haut)

- b : col anatomique

- c / c’: petite & grosse tubérosités 

- d : gouttiŹre bicipitale

- e : facettes d’insertion musculaire

- i’ : condyle

- k : trochlée

- o : épitrochlée (= épicondyle médial)

- p: épicondyle latéral

 
En D sont représentées :
- la coupe transversale de la diaphyse humérale (1) dont le bord antérieur est orienté vers l’avant (AV) ;
- les deux extrémités de l’humérus, proximale (2) et distale (3).
La torsion rétrograde de la diaphyse a entrainé la divergence, d’une trentaine de degrés, des axes  transversaux des extrémités qui sont observées, l’une d’en haut et l’autre d’en bas. La tête de l’humérus ‘regarde’ en dedans et en arrière  par rapport à l’extrémité distale (palette humérale) qui s’inscrit dans un plan frontal.

 

En E : disposition des points d’ossification

 

Le squelette de l’avant-bras

 

Deux os longs juxtaposés constituent le squelette antébrachial, le cubitus (ou ulna) & le radius, celui-ci étant l’élément latéral. Ils sont articulés entre eux au niveau de leurs extrémités respectives, lesquelles font partie des articulations du coude et du poignet. Ils forment un couple solidarisé par une membrane fibreuse qui intervient comme charniŹre dans les mouvements dits de prosupination.

Considérés de face, ils paraissent décalés en hauteur du fait de la conformation de leurs extrémités. Le cubitus est plus long, sa volumineuse extrémité proximale déborde de prŹs de deux cm celle du radius ; inversement, l’extrémité distale de ce dernier se prolonge plus bas que la cubitale.

 

Le Cubitus ou ulna est l'élément médial ; os long, massif et effilé en bas, sa diaphyse décrit un S trŹs allongé.


* Observée de profil, l'extrémité proximale évoque une clef ‘anglaise’, c’est ą dire qu’elle est constituée de deux volumineuses saillies:
- l’une, l’apophyse coronoēde ressemble grossiŹrement ą une pyramide implantée par sa base sur l’autre ;
- l’autre, l’olécrane s’est développé vers le haut dans le prolongement de la diaphyse.
Elles délimitent une cavité articulaire largement béante en avant, la grande cavité sigmoēde destinée ą contenir la trochlée humérale. Chaque lŹvre de cette cavité est surmontée en son milieu d’un relief en forme de bec dénommé d’aprŹs l’apophyse dont il fait partie ; ces deux excroissances sont rećues, lors des mouvements du coude, dans la fossette correspondante située au-dessus de la trochlée. De plus, la gorge de cette derniŹre épouse une crźte sagittale adaptable qui subdivise la cavité en deux aires dont la médiale est plus développée et plus creuse.

Enfin, la face latérale de l’apophyse coronoēde est sculptée en cupule, appelée petite cavité sigmoēde, qui répond au pourtour de la tźte radiale.

 

 

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Sch. 10 & 11 : Squelette de l’avant-bras (extrémité proximale)

 

- a  / b / c/ : bords du radius : antérieur (= crźte radiale) / postérieur  / médial (= interosseux)

- c’ / d : bords du cubitus : latéral (ou interosseux) / postérieur (crźte cubitale transformée en T) 
- o’ bec olécrČnien

- S : grande cavité sigmoēde
- s’ : petite cavité sigmoēde
- tb : tubérosité bicipitale

- tc : tubérosité coronoēde

 

 

 

* La diaphyse s’amincit au fur et ą mesure qu’on descend vers le poignet, elle est prismatique, c'est ą dire qu'elle présente trois bords délimitant trois faces dont on retiendra :

- deux crźtes dessinant un T sur la face postérieure ;

- le bord postérieur ou crźte cubitale est perceptible sous la peau; et

- le bord latéral ou interosseux semble naĒtre en-dessous de la petite cavité sigmoēde.

 

Sch. 12: Squelette de l’avant-bras (extrémité distale)

 

Description : ms-06b

 

           A                    B                    C          

 

 

Articulation radio-cubitale distale

Description : ms-06c

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Sch. 13:  

 

- ac : surface articulaire avec le carpe

- sc : styloēde cubitale

- sr : styloēde radiale

- sr’ : cavité styloēde du radius

- tc: tźte du cubitus

- aspects de face (A)  /  de dos (B) /  de profil latéral (C)

 

 

 

 

* Comparée ą l’extrémité proximale, l’extrémité distale du cubitus ressemble ą un bout de baguette, légŹrement boursouflée par une surface articulaire en demi sphŹre, on la désigne paradoxalement comme étant la tźte cubitale ; elle est au contact de l’extrémité distale du radius et du ligament triangulaire qui la sépare du carpe. Elle se prolonge en arriŹre par l'apophyse styloēde nettement palpable sous les téguments du poignet.

 

Le cubitus se développe ą partir de trois points d'ossification, un point diaphysaire qui donne toute la diaphyse et l'apophyse coronoēde, et deux points épiphysaires ; l’olécranien apparait ą l’approche de la puberté ; le point épiphysaire distal est reconnaissable plus tôt, entre six & neuf ans.

 

Le Radius est le squelette latéral de l'avant-bras. Os long, il a une conformation sensiblement inverse de celle du cubitus, il est cylindrique ą sa partie proximale et massif plus bas. Ses extrémités s’articulent avec celles du cubitus ainsi qu’avec le condyle huméral et le carpe.

Il est  moins long que le cubitus qui le dépasse d’une hauteur correspondant ą celle de l’olécrČne ; par contre, son extrémité distale descend plus bas en couvrant le bord latéral du poignet.

Sa direction n'est pas rectiligne, il présente deux courbures dessinant un S inversé au segment proximal plus court.

 

* L’extrémité supérieure comprend de haut en bas par :

- la tźte radiale, segment de cylindre creusé en cupule, elle entre en contact avec le condyle et la zone conoēde de l’humérus ; son pourtour

  s’adapte ą la petite cavité sigmoēde cubitale.

- Le col, support de la tźte, et

- la tubérosité bicipitale, relief ovoēde implantée sous le versant médial du col.

 

Description : ms-06a

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Sch. 14 & 15 : Squelette de l’avant-bras (extrémité proximale)

 

- a  / b / c/ : bords du radius : antérieur (= crźte radiale) / postérieur  / médial (= interosseux)

- c’ / d : bords du cubitus : latéral (ou interosseux) / postérieur (crźte cubitale transformée en T) 
- o’ bec olécrČnien

- S : grande cavité sigmoēde
- s’ : petite cavité sigmoēde
- tb : tubérosité bicipitale

- tc : tubérosité coronoēde

 

 

Description : ms-05

 

* La diaphyse augmente progressivement de diamŹtre de haut en bas, elle est prismatique, avec trois faces et trois bords, ceux-ci s’individualisent ą partir de la tubérosité bicipitale; les bords antérieur et postérieur forment des crźtes obliques bien marquées. La face antérieure, légŹrement excavée porte en son milieu le trou  nourricier.

 

Sch. 16 : Squelette de l’avant-bras (extrémité distale)

 

 

           A                    B                    C          

 

 

Articulation radio-cubitale distale

Description : ms-06c

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Sch. 17: aspects de face (A)  /  de dos (B) /  de profil latéral (C)

 

- ac : surface articulaire avec le carpe

- ar : artŹre radiale

- sc : styloēde cubitale

- sr : styloēde radiale

- sr’ : cavité styloēde du radius

- tc: tźte du cubitus

- te : tendons extenseurs de la main

 

 

 

 

 

* L'extrémité distale est massive et aplatie d'avant en arriŹre, elle présente ą décrire quatre faces : 

- la face antérieure est lisse et excavée, elle constitue latéralement le lit de l’artŹre radiale dont le pouls est perću ą ce niveau. 
- la face postérieure parcourue par des crźtes qui limitent des gouttiŹres occupées par des tendons du poignet et des doigts.   

- latéralement, l’apophyse styloēde est longée par deux gouttiŹres, elle descend plus bas que son homologue cubitale d’une dizaine de mm.

Elle se termine par deux surfaces articulaires creuses et disposées perpendiculairement :

- l’une est moulée sur la premiŹre rangée du carpe ; elle est subdivisée subdivisée par une crźte mousse en deux champs ;
- l’une face médiale est délimitée par la bifurcation du bord interosseux et transformée en cupule articulée qui rećoit la part sphérique de la tźte cubitale ; elle est le correspondant mécanique distal de la petite cavité sigmoēde.

 

Quatre points d'ossification concourent ą la formation du radius, un diaphysaire, deux épiphysaires et un point pour la tubérosité bicipitale.

 

Le squelette de la main comprend cinq métacarpiens et leurs prolongements phalangiens.

 

 

Les métacarpiens constituent le squelette de la paume. Ils sont numérotés en chiffres romains de I ą V ą partir du bord latéral. Os long, chaque métacarpien comporte :

- une épiphyse proximale ou base (a) articulée avec le carpe et avec

 le ou les métacarpiens contigus. La base des II et IIIŹme

 présentent sur leur face dorsale une petite apophyse  styloēde.

- La diaphyse est prismatique triangulaire avec une face dorsale lisse et

  un bord palmaire dénommé crźte (c).

- L'épiphyse distale ou tźte (b) du métacarpien se termine par une

  surface articulaire sphérique plus étendue du côté palmaire.                      

 

Chaque métacarpien s’ossifie ą partir de deux points, l’un diaphyso-basal et l’autre épiphysaire distal, sauf pour celui du pouce dont le développement est inverse, ce qui le ferait assimiler

ą une phalange.

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Sch. 18 : Les deux aspects palmaire et dorsal de la main

- a / b : base & tźte, de métacarpien ou de phalange.

- c : crźte palmaire de métacarpien.

- squelette carpien (cp) / métacarpien (mc) / phalangien (ph).

- phalanges : proximale (1) ) / intermédiaire (2) / distale (3).

- points rouges : points d’ossification.

 

Les phalanges constituent le squelette segmentaire des doigts.
 

 

Ceux-ci sont identifiés ą partir du pouce, soit par numérotage (1°, 2°, 3°, 4° & 5°), soit par dénomination (pouce, index, majeur, annulaire & auriculaire). A part le pouce qui n’a que deux phalanges, les autres doigts en comptent trois chacun ; on les distingue par leur position en:

phalange proximale (P1), intermédiaire (P2) et distale (P3).

Chacune est une miniature d’os long.

- l’extrémité proximale ou base des P1 présente une cavité glénoēde pour la tźte du

  métacarpien correspondant; la diaphyse est légérement incurvée et plane en avant;

 l’extrémité distale ou tźte est en forme de poulie qui répond ą la base de P2.

- P3 se termine par une extrémité libre rugueuse.

 


Sch. 19 : Squelette de l’index, vu de profil

 

L’ossification de chaque phalange est inverse de celle des métacarpiens, elle se développe ą partir d’un point basal et d’un autre diaphyso-distal.

 

Le squelette du pouce est bien particulier. Sa fonction principale est son antéposition face au plan palmaire. D’autre part, le mode d’ossification du premier métacarpien est de type phalangien.

 

Les sésamoēdes sont de minuscules osselets en forme de lentille, ils sont enchČssés dans les terminaisons tendineuses au voisinage de la face palmaire des articulations métacarpo-phalangiennes. Les deux sésamoides du pouce sont constants.

 

Le Carpe est le squelette du poignet ; il s’agit d’une collection de huit os courts disposés en deux rangées de maniŹre ą former un plan légŹrement creux ą concavité palmaire dont la profondeur est accentuée par des saillies développées au niveau des berges.

Chaque piŹce est assimilable ą un cube, les facettes antérieures et postérieures, rugueuses, forment les faces palmaire et dorsale du poignet. Les autres facettes sont articulaires ą l'exception des éléments excentrés.

- La rangée proximale comprend, en partant du bord latéral, le scaphoēde (1), le semi-lunaire (= lunatum) (2), le pyramidal (=triquetum) (3) sur lequel repose le pisiforme (4). Les deux premiers s’articulent avec le radius, tandis que le troisiŹme reste ą distance  de l’extrémité cubitale. La base du scaphoide est soulevée par un tubercule perceptible sous la peau (a). D’autre part, le pisiforme correspondrait ą un tubercule (c) du pyramidal.

- La rangée distale comprend le trapŹze (5), le trapézoēde (6), le grand os (= capitum) (7)  et l’os crochu (= hamatum) (8). Les faces palmaires des osselets périphériques sont surmontées de saillies, le tubercule du trapŹze (b) et le crochet (= hamulus) (d) de l’os crochu.

 

 

 

Sch. 20 : Face palmaire du squelette du carpe.

Rangée proximale = 1 : scaphoēde / 2 : semi-lunaire / 3 : pyramidal / 4 : pisiforme.

Rangée distale = 5 : trapŹze / 6 : trapézoēde / 7 : grand os / 8 : os crochu.

Sch. 21 :  La gouttiŹre du carpe est transformée en canal carpien (cc) par le ligament carpien (lc)

inséré sur les saillies des deux berges.

 

Le schéma (21) de la face palmaire comporte le tracé d’une coupe arciforme (ab) entamant principalement la rangée proximale. La tranche de section rapportée plus bas met en évidence le plan métacarpien, simplifié ;  ses berges sont rehaussées par le relief du tubercule du scaphoēde en dehors et le pisiforme en dedans. La gouttiŹre ainsi délimitée est transformée en canal carpien (cc) par un pont fibreux, le ligament antérieur du carpe (lc) inséré sur les deux berges.

 

Chaque os dérive d’un seul point d'ossification. Ceux du grand os et de l’os crochu apparaissent en premier, vers le 4Źme mois aprŹs la naissance, les autres entre deux et six ans.

 

Le chapitre consacré aux os longs étant épuisé, passons ą la description des os irréguliers de la ceinture scapulaire.

En observant une épaule de profil, on constate que le couple : épine de l’omoplate (a) / clavicule (b), forme un cintre en V disposé horizontalement qui constitue  auvent au-dessus de la tźte de l’humérus (c).

Observé d’en haut (Sch. 23), l’ensemble représenté par les deux cintres et le sternum forme un cadre osseux presque complet posé sur le pôle thoracique. Il suffit  de lui adjoindre une boucle musculaire (c) tendue en arriŹre entre les omoplates pour en faire un semblant de ceinture, dénommée ceinture scapulaire, aux flancs de laquelle sont suspendus les deux membres supérieurs.

 

Squelette de l’épaule  droite vu de profil

 

 

Sch. 22 : Aspect latéral du cintre : épine de l’omoplate/clavicule

a : épine de l’omoplate / b : clavicule / c : extrémité proximale de l’humérus

 

Sch. 23 : la ceinture scapulaire, observée d’en haut, reposant sur le pôle proximal du tronc

 

 

-       a / b : omoplate / clavicule

-       c : membrane inter scapulaire (boucle élastique)

-       s  / t : sternum / voussure du thorax

La jonction omo-claviculaire forme une sorte d’auvent qui cache la tźte de l’humérus.

 

 

L’Omoplate (scapulum) est un os plat appliqué contre la partie postérieure et supérieure du thorax. Elle est interposée entre les deux autres composantes de la racine du membre supérieur, l’humérus & la clavicule. Elle est remarquable par ses deux excroissances l’épine et la coracoēde.

Son aspect triangulaire lui fait décrire :

 

Description : ms-omo

Description : ms-10

Sch. 24 : Vue latérale de la racine du membre supérieur

La tźte humérale est située sous l’auvent acromio-claviculaire

Sch. 25 :        A : aspect antérieur / B : aspect postérieur / C : aspect latéral / ac : acromion / cg : cavité glénoēde / co : apophyse coracoēde

ep : épine  /  l : bord latéral / m : bord médial /  p : pointe / s : sommet / se : fosse sus-épineuse / se’ : fosse sous-épineuse /

t : tubercule sus-glénoēdien / t’ : tubercule sous-glénoēdien

 

- une face antérieure appliquée contre le gril costal, elle est légŹrement excavée et parcourue par des crźtes disposées en éventail, le trou nourricier est situé prŹs de son bord latéral.

- une face postérieure remarquable par la saillie de l’épine de l’omoplate qui la subdivise en deux aires d’étendue inégale, ce sont les fosses sus et sous-épineuses qui communiquent entre elles ą travers l’échancrure épineuse. L’épine est en fait une épaisse lame osseuse implantée perpendiculairement, telle une étagŹre inclinée en arriŹre; son bord libre, appelé crźte, est perceptible sous les téguments du dos, il se prolonge, tout en s’élargissant, au-delą du sommet latéral qu’il masque. C’est cette excroissance, appelée acromion, qui s’articule avec l’extrémité latérale de la clavicule.

- Le bord supérieur court et mince est surmonté latéralement par une apophyse en forme de bec, la coracoēde, adjacente ą l’échancrure coracoēdienne.

- Le bord latéral ou axillaire, son épaisseur en fait une sorte de pilier supportant la cavité glénoēde.

- Le bord médial ou spinal, acéré, est  parallŹle ą l’axe vertébral, il marque un angle obtu ą la hauteur de l’épine.

      - L’angle distal est le sommet ou pointe de l’omoplate. L’angle supéro-médial est aigu.

- Enfin, l’angle supéro-latéral est  transformé en surface articulaire pour la tźte humérale, c’est la cavité glénoēde en forme de cupule piriforme surmontée ą ses deux pôles par les tubercules sus & sous-glénoidien.

 

Le noyau d’ossification principal apparait vers le 2° mois de la vie embryonnaire au voisinage de la glŹne, trois autres points interviennent dans le développement

de cette derniŹre. D’autres points complémentaires entrent dans le modelage des excroissances.

 

La Clavicule est un os long tordu en S allongé, disposé horizontalement de chaque côté de la base du cou, interposé entre les deux autres composantes de la ceinture scapulaire : omoplate & sternum. On lui décrit : un corps et deux extrémités, médiale et latérale.

 

 

Sch. 26 : Face supérieure de la Clavicule droite

 

- a : extrémité sternale

- b : extrémité acromiale

- c : bord antérieur

- d : bord postérieur

- 1 : tubercule du ligament conoēde

- 2 : crźte du ligament trapézoēde

- 3 : crźte du ligament costovertébral

- 4 : gouttiŹre du muscle sous clavier

- 5 : trou nourricier

 

 

 

 

Š      Le corps, légŹrement aplati dans son tiers latéral et cylindrique pour le reste, présente une face supérieure lisse, une face  inférieure parcourue par la gouttiŹre du muscle sous-clavier. Les extrémités de cette dépression sont hérissées de reliefs d'insertions ligamentaires (trapézoēde, conoēde & costo-vertébral). Le bord antérieur est convexe et lisse dans sa moitié médiale, concave et rugueux en dehors; le bord postérieur est inversement conformé.

Š      L'extrémité sternale est globuleuse, sa surface articulaire en contact avec le sternum est en selle, c’est ą dire qu’elle est convexe de haut en bas et creuse d’avant en arriŹre, sa concavité est accentuée par la forte saillie de son bord postérieur.

Š      L'extrémité latérale, en forme de palette, présente une facette ovalaire articulée avec l'acromion.

 

La clavicule se développe ą partir de deux points: le principal (pp) ou diaphysaire est le premier ą apparaitre, vers la 5° semaine de la vie embryonnaire, il se développe au sein d’une ébauche membraneuse, formant la diaphyse et l'extrémité latérale qui seront complŹtement ossifiés avant la naissance.

Le point secondaire, épiphysaire média (sternal), apparait trŹs tardivement en fin de l’adolescence, sa soudure au reste survient vers 22-25 ans.